Les pneumopathies d’origine bucco-dentaire

Une hygiène défectueuse, une réduction du flux salivaire et des difficultés masticatoires « assurent la maintenance » du réservoir de germes que représente la cavité buccale. Les atteintes parodontales (gencives) ainsi que la présence de caries multiples exposent les personnes âgées à un risque inflammatoire et infectieux. Chez les personnes qui présentent des troubles de la déglutition, il faut une hygiène buccale encore plus rigoureuse car les germes buccaux sont susceptibles d’être aspirés. L’aspiration se produit la nuit chez 45% des sujets sains et chez 70% des déments. Cette charge bactérienne orale (germes, bactéries, levures) prédispose à la survenue de pneumopathies par inhalation lorsqu’elle est associée à des troubles de la déglutition, représentant la seconde cause d’infection en institution. (Loesche WJ., Lopatin DE)

L’hyposialie associée aux médicaments en aggrave le risque (Limeback H). 80% des médicaments les plus prescrits en gériatrie sont responsables de la diminution de la production salivaire retrouvée chez le sujet âgé, aggravée secondairement par les thérapeutiques psychotropes prescrites dans l’accompagnement de l’anxiété et les états dépressifs de nombreuses personnes institutionnalisées.

Enfin la respiration buccale, qui prédomine chez les insuffisants respiratoires, est un facteur majeur de l’aggravation de la sécheresse buccale et des pathologies qui en résultent. On ajoutera enfin la difficulté pour les personnes fragiles d’éliminer les germes buccaux lorsque le réflexe de toux est diminué, ou lorsqu’elles sont sédatées.

Une antisepsie buccale à base de chlorhexidine (avec un bain de bouche à 0,12%, et/ou un trempage 1 à 2 fois par semaine des prothèses dentaires) associée à l’hygiène quotidienne constitue une stratégie préventive des pneumopathies d’inhalation (Limeback H).

 

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