Crèmes adhésifs pour prothèses dentaires

Le Journal of Prosthetic Dentistry a publié en Mars 2015 un article qui a passé en revue toutes les publications scientifiques sur le sujet des adhésifs pour prothèses dentaires. Cet article a démontré que les adhésifs pour prothèses dentaires pouvaient améliorer considérablement la performance globale des prothèses complètes, mais aussi de prothèses partielles. Les études citées dans l’article portent le plus souvent sur les performances biochimiques de ces colles et sur les mécanismes qui améliorent la rétention de la prothèse en bouche. Bien que l’article constate une moindre quantité d’études sur la biocompatibilité de ces colles, aucune étude clinique n’a démontré que les adhésifs pour prothèses dentaires favorisaient un développement de la population microbienne présente dans la sphère bucco-orale. L’énorme utilisation des colles dentaires en milieu institutionnalisé prouve leur pertinence, et surtout leur bon accueil par les intéressés eux-mêmes.

Un appareil dentaire récent, et bien réalisé techniquement chez un patient dont la fonction salivaire est préservée, peut très bien tenir sans avoir recours à une crème adhésive. Malheureusement les personnes âgées en institution et les plus fragiles d’entre elles, lorsqu’elles portent une prothèse dentaire, « consomment » de manière exagérée ce type de produit, car les colles compensent dans de nombreux cas l’inadaptabilité de prothèses très anciennes (souvent cassées, ou ne correspondant plus à la réalité de la denture du patient), et compensent surtout la sécheresse buccale qui accompagne la vie de la plupart de ces patients. De nombreuses études démontrent la nécessaire présence d’une quantité minimum de salive pour supporter de manière plus ou moins confortable une prothèse dentaire complète.

La quantité de colle doit être infime, car l’espace entre l’intérieur de la prothèse dentaire et la muqueuse est lui-même très fin (lorsque la prothèse est adaptée). Le « mieux j’en mets et mieux ça tiendra » n’est pas ici approprié. En effet plus il y aura de colle et plus il sera difficile de l’éliminer chaque jour au nettoyage obligatoire de la prothèse. Mal éliminées, les couches de colles vont s’accumulées, traumatisant physiquement et chimiquement les muqueuses sur lesquelles la prothèse repose. Quatre petits pois de colle sont suffisants, comme « quatre pieds de table », à l’intérieur d’une prothèse propre, qu’il peut être bon d’humidifier avant.

Rien ne pourra remplacer la visite régulière du chirurgien-dentiste (au moins annuel) afin d’établir entre autres, un diagnostic de la prothèse et de sa relation avec la muqueuse ! Souvent un rebasage (opération qui consiste à remplir les manques entre la muqueuse et la prothèse) ou la réfection d’une prothèse ancienne portée malgré son inadaptation clinique, peut lui donner une deuxième vie, évitant ainsi (en plus du coût) une adaptation ou l’acceptation hypothétique d’une prothèse neuve !

2 Comments

  1. C’est vrai que je mets plus de colle sur le dentier de maman depuis quelle est a beaucoup maigri.

  2. L’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) a examiné les preuves disponibles pour répondre à la question suivante: Quelle est la preuve que la perte de poids peut affecter l’ajustement ou la stabilité des prothèses?
    Ils ont consulté PubMed, la bibliothèque Cochrane, le centre des bases de données de l’Université de York sur les examens et la diffusion (CRD), l’ECRI, EuroScan et les agences internationales de technologie de la santé. La recherche a couvert les années 1999-2009 et s’est limitée aux études en langue anglaise.
    Ils n’ont trouvé aucune publication scientifique relative à la preuve que la perte de poids peut affecter l’ajustement ou la stabilité des prothèses dentaires.

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